Le discours d’Emmanuel Macron du 10/12/18 par le prisme de l’analyse textuelle

 

Que nous a dit Emmanuel Macron dans son discours du 10/12/18, d’un peu plus de 12 minutes ?

Bon, 12 minutes, ça ne nous fait pas énormément de matière (959 termes, une fois retirés les petits mots de français comme « je », « c’est », « de », etc.), mais voyons voir ce qu’il s’y trouve.

wcmotmacron
Nuage de mots du discours d’Emmanuel Macron du 10/12/18

Bon, il veut plus… Si l’on s’intéresse aux 374 noms (communs ou propres) du discours, les plus fréquents sont :

freqnommacron

 

Si on regarde les formes verbales (sans les déclinaisons, pluriels etc.) :

freqlemmamacron

Pas de référence directe aux « gilets jaunes », mais ça tout le monde l’avait entendu. J’ai retenu ici les mots qui apparaissent plus de trois fois dans le discours, mais nous pouvons constater que l’impôt et la colère occupe la majorité de son propos. Nous pouvons voir la recherche de l’unité du pays (avec les mots « pays », « ensemble », « français », »citoyen », »peuple »), l’ « engagement » envers un « changement » (« question », « débat ») (qui passerait par le « travail » et l’ « impôt » ?)… Et les enfants, que viennent-ils faire dans tout ça ?

[text1, 372] moyens de faire garder les | enfants | et d'améliorer ses fins de
 [text1, 424]       à la fois parents et | enfants | et ne s'en sortent pas    
 [text1, 866]        , une France où nos | enfants | vivront mieux que nous.

Ah, ça ressemble à de l’appel à de l’émotion…

Justement, du côté de la tonalité du discours, qu’elles sont les émotions de notre Président ? Pour cette analyse, j’utilise la traduction française du dictionnaire NRC (dont on pourrait vouloir modifier certaines catégorisations) qui classifie les mots en 10 catégories : 2 sentiments (positifs, négatifs) et 8 émotions (colère, peur, anticipation, confiance, joie, dégoût, surprise, tristesse). Alors, qu’en est-il ?

sentmacron

Le discours est plutôt positif (de pas beaucoup), avec un sentiment de confiance qui domine la tristesse, la colère et la peur. L’anticipation nous montre à nouveau une certaine volonté d’aller de l’avant. Et quels sont les mots qui expriment ces sentiments ?

wcmacron

La couleur et la taille dépendent des occurrences des mots. Et plus précisément ?

wcsentmacron

La taille des mots dépend de leur fréquence dans le discours. Si on entre un peu plus dans le détails : (Comme les mots peuvent avoir plusieurs sentiments associés, l’échelle des abscisses n’est pas très lisible.)Comme les mots peuvent avoir plusieurs sentiments associés, l'échelle des abscisses n'est pas très lisible.

 

 

Il est clair que le sujet principal semble être le malaise du pays. La volonté d’en sortir de ce malaise est présente (« réussir », »partager », « courage », « amélioration »), et les solutions seraient du côté d’une « prime », du « vote »,de l’ « impôt », … La figure de la « mère » semble en appeler au cœur de chacun d’entre nous (la mère patrie, la mère qui ne peut plus nourrir ses enfants, …).

Bon, je vous laisse analyser, en attendant un travail plus approfondi sur ce que nous dit le Président…

 

Texte du discours sur le site du monde.fr

Publicités

Une petite boucle for

Petite astuce pour créer des sous-jeux de données en fonction d’une variable de groupe :
Ici, le jeu de données complet est « tbl », notre variable de groupe « acteur ». On commence par créer un tableau récap’ des niveaux de la variable « acteur » :

acteur<-tbl%>%group_by(acteur)%>%
count(acteur)

Ensuite, on utilise une boucle for pour les différents niveaux de la variable, et la fonction « assign(le_nom, les_données) » nous permet de créer les différents jeux de données associés !
for(i in acteur$acteur){
assign(paste0("tbl",i),tbl%>%
filter(acteur==i))
}

#Pos : Part of Speech tagging

pos01.pngLe corpus est constitué de phrases où chaque partie (mots) relève de catégories grammaticales différentes : des substantifs, des adjectifs, des verbes, des pronoms, …

Il peut être particulièrement intéressant d’identifier ces catégories. Par exemple, dans une analyse du sentiment, on peut souhaiter de ne s’intéresser qu’aux adjectifs pour ce concentrer sur les éléments expressifs du contenu, ou dans une analyse de topics de ne la réaliser que sur les verbes pour identifier des modalités d’action. Une des applications purement linguistique est d’employer l’étiquetage PoS pour des tâches de désambigüisation.

Dans r plusieurs solutions sont proposées. Une première est proposée par RDRPOSTagger que nous n’avons pas encore testé mais qui semble à première vue d’une grande simplicité d’usage. D’autres sont proposées sur cette page. Un autre exemple est donnée ici. pour aller plus loin lire ceci.

 

#cavientdesortir des livres sur r

1 y804Gyz2czPIx9GwRtXT5A.pngLa publication d’ouvrages, en français,  sur, avec, sous, de, pour r semble s’accélérer. Au moins deux sommes doivent être signalées, elles vont être des ressources précieuses :

Le premier est l’ouvrage monumental  publié par Insee – Eurostat – sous la direction de Vincent Loonis  et coordonné par Marie-Pierre de Bellefon. Il rassemble des ressources précieuses pour ceux qui sont amenés à utiliser des données géolocalisées et à manier la cartographie.

Le second dirigé par François Husson est publié par les PUR 

On en profite pour rappeler quelques ouvrages on-line extrêmement utile

#heatmap Bowie and friends

bowie et ses musiciens

L’analyse multidimensionnelle est une vieille affaire des statistiques. Dès les années trente, avec naturellement les analyses typologiques de la biologie, l’analyse factorielle à la Thurstone, l’analyse multidimensionnelle des similarité (mds) à la Kruskall.

Une procédure de r en associe les éléments en produisant une visualisation d’une double typologie faite sur les lignes et les colonnes ( les individus et les variables. La fonction heatmap en donne les ressources.

Dans l’exemple, constitué par Elias Benavent – étudiant en histoire à l’Université de Bordeaux, il s’agit d’un tableau binaire donnant la participation de près de 300 artistes et techniciens aux albums de David Bowie. En voici le code ( détaillé) avec heatmap.2 qui demande le package gplot :

library(gplot)
x<-as.matrix(AlbumStrict)
heatmap.2(x,
notecol="black", # change font color of cell labels to black
density.info="none", # turns off density plot inside color legend
trace="none", # turns off trace lines inside the heat map
margins =c(12,9), # widens margins around plot
col=cm.colors(2), # use on color palette defined earlier
dendrogram="both", # draw a row and column dendrogram
cexRow=0.6,cexCol=0.8,
srtCol=45,
Colv=TRUE,
RowSideColors=cm.colors(48),ColSideColors=cm.colors(27))

Le Le code et les données sont ici.

D’autres représentations sont possibles, l’analyse d’un graphe bipartite avec igraph (et un layout mds) donne le résultat suivant.

library(reshape2)
Edge<-AlbumStrict
Edge$Artiste<-rownames(Edge)
Edge<-melt(Edge,by=c(Artiste)) #construire le fichier des arcs (Edge)
Edge<-subset(Edge, value==1)   #ne garder que ceux qui sont effectifs

library(igraph)

#graphe bipartite
V(g)$type <- bipartite.mapping(g)$type

col <- c("white", "orange")
shape <- c("circle", "square")
plot(g,  layout=layout.mds,  vertex.label.cex=c(0.7), edge.arrow.size=0.2,vertex.size=c(8),
     vertex.color = col[as.numeric(V(g)$type)+1],
     vertex.shape = shape[as.numeric(V(g)$type)+1.5]
)

et le résultat

bipartite rogneNe reste plus qu’à identifier les groupes de musiciens et la logique de participation. Là c’est le travail de l’historien qui reprend la partie, l’analyse de l’outil n’est qu’un outil de clarification. Et pour aller plus loin dans la technique on ira lire le blog Digital History Methods

Et sur David Bowie on ira regarder le beau travail musicologique et quantitatif de Leah Kardos (données accessibles).

 

Les sentiments de Tahiti

onou 2015

Les voyages sont faits pour être vécus mais ce qui en reste ce sont des mots. Des livres de voyageurs, le journal de bord des marins, et aujourd’hui le commentaire des expériences de consommation. A l’heure du post-exotisme ( pas celui-ci), quand le touriste pense rencontrer une culture authentique mais bien souvent façonnée par son propre regard, ce qui compte est moins ce que l’on a vécu que ce que l’on en garde : des selfies et le commentaire des lieux de séjours. C’est certainement moins poétique que Cook et Gauguin, mais plus profitable pour l’industrie du tourisme.

Et c’est à l’occasion d’un de ces voyages, avec l’aide des collègues du Cetop,  des étudiants du master de marketing de l’UPF, et l’écoute du team de Tahiti tourisme, que nous nous sommes lancés dans l’analyse des sentiments exprimés par les touristes à propos de leur séjour  avec une petite incursion dans les packages de text mining de r. Il n’y avait pas de meilleure place pour apprécier la critiques des auberges du paradis.

Pour la méthode, il s’agit d’abord de scrapper, avec les ressources du package rvest, le site de TripAdvisor. La Polynésie est isolée, trouvant ses clients dans trois grands bassins à plus de 10h de vol : l’Asie , les EU et la France. Il y a environ 150 hôtels et 300 pensions. Les résultats donnés dans cette note, sont établis sur la base d’une première extraction centrée sur Tahiti et portant sur 7700 commentaires. On généralisera plus tard sur les 77000 commentaires sur l’ensemble des archipels.

Ce corpus fait l’objet de deux types d’analyses comme on commence à le faire systématiquement dans ce type d’exercice : mesurer la tonalité positive ou négative (le sentiment) et les sujets évoqués ( topic analysis). Pour la première, on emploie tidytext, pour la seconde le modèle LDA du package Topicmodels.

Voici la présentation de travail (demo), avec quelques éléments de code, rendez-vous au piurn 2018 pour une présentation plus complète.